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Renault Safrane —
le vaisseau amiral, en deux V6

Vaisseau amiral de Renault des années 1990, la Safrane phase 1 embarque la troisième génération du PRV : le Z7X 3,0 litres à arbre d'équilibrage et poussoirs hydrauliques, 12 soupapes, en 4×2 comme en Quadra 4×4. Et à côté de l'atmosphérique de 167 ch, la Biturbo de 268 ch préparée par Hartge — 806 exemplaires entre 1994 et 1996.

167
ch · Z7X 722/723 atmosphérique
268
ch · Z7X 726 Biturbo Hartge
806
Biturbo produites · 1994–1996
1999
avril : le L7X remplace le PRV
Motorisations

Trois codes Z7X, deux Safrane

Un seul 3,0 litres, en deux tempéraments. Les codes 722 et 723 désignent la RT/RXE V6 atmosphérique — 723 pour la boîte automatique AD8, 722 pour les mécaniques PK1 et PK7 — ; le 726 est le biturbo Hartge. Tous partagent l'alésage de 93 mm, la course de 73 mm et le rapport volumétrique de 9,6 — 2 963 cm³ sur le site, 2 975 selon les fiches d'atelier Renault. Tout le détail est sur la fiche Z7X.

Renault Safrane 1992 — 1999 · phase 1 et phase 2 Tous les codes connus →
Z7X 722167 ch
2 963 cm³Injection Siemens multipoint12 soupapesBoîte PK1 / PK7Fiche Z7X →
Safrane RT et RXE V6 i à boîte mécanique, 4×2 et Quadra 4×4 — type mines B 544. Injection Siemens à régulation de richesse, allumage MPA à capteur de cliquetis, catalyseur C20 : 170 ch à 5 500 tr/min et 23,5 daNm à 4 500 sur la fiche Pub et Trade de 1993, 220 km/h.
Z7X 723167 ch
2 963 cm³Injection Siemens multipoint12 soupapesBoîte automatique AD8Fiche Z7X →
La même Safrane V6 avec la boîte automatique AD8 — calculateur Bendix S101 722 201, 212 km/h au lieu de 220, ralenti 750 ± 50 tr/min en prise.
Z7X 726268 ch
2 963 cm³Biturbo KKK K0412 soupapesQuadra 4×4Fiche Z7X →
Safrane Biturbo (1994–1996) : deux KKK K04 greffés par Hartge, boîte PK9 renforcée, transmission intégrale — et la puissance plafonnée à 268 ch pour préserver la boîte. Sa fiche dédiée et son diagnostic XR25 restent en ligne.
La Safrane extrême

Deux turbos, 268 ch, quatre roues motrices

Présentée à Genève en mars 1992 sous forme de prototype, commercialisée début 1994, la Biturbo suit un circuit inhabituel : des Safrane V6 RXE Quadra complètes quittent Sandouville pour être démontées chez Irmscher, en Souabe ; le moteur part chez Hartge, qui conçoit la double turbocompression, puis il est reposé. Et ce n'est pas par les seuls clapets de décharge que la pression est tenue : le calculateur commande la suralimentation en créant une fuite sur le circuit pneumatique commun aux deux wastegates, via la vanne SEM.

L'histoire complète — le montage à trois, la puissance plafonnée pour la boîte PK9, la safety car du Grand Prix de Monaco 1994 — est dans le Journal ; la fiche Safrane Biturbo et le diagnostic XR25 restent en ligne.

268
CH · Z7X 726 · HARTGE · 806 EXEMPLAIRES
×2
TURBOS KKK K04
4×4
QUADRA
280
CH · LAGUNA BITURBO (PROTOTYPE)
Sur la route et à l'écran

Une Safrane, trois histoires

Le Z7X, troisième génération

Arbre d'équilibrage, poussoirs hydrauliques, injection multipoint Siemens à régulation de richesse et deux capteurs de cliquetis — un par rangée : le Z7X de la Safrane est le PRV le plus abouti chez Renault, mais il reste à 12 soupapes quand la Citroën XM et la Peugeot 605 passent à 24. Le manuel de réparation M.R.302 de la phase 1 — chapitres moteur et alimentation, allumage, refroidissement et échappement — est dans la Bibliothèque.

À l'écran

En 1993, Les Visiteurs — l'un des plus grands succès du cinéma français — met une Safrane V6 RXE phase 1 sur la route d'un chevalier du Moyen Âge et de son écuyer. L'histoire est dans Culture pop.

La fin de la lignée

Il n'y aura pas de Biturbo en phase 2 : la production s'arrête en 1996, l'année du restylage. La berline poursuit avec le Z7X atmosphérique jusqu'en avril 1999, quand le L7X à 60° — qui n'est pas un PRV — le remplace, proposé uniquement avec la boîte automatique : la manuelle à cinq rapports disparaît, quand la Laguna, elle, garde le choix. Seules les versions PRV ont leur place sur ce site.

Dans le Journal

« Safrane Biturbo — la rivale des Allemandes, préparée en Allemagne » : le premier V6 PRV biturbo vendu en série, douze ans après le projet DeLorean Twin Turbo emporté par la faillite de DMC.

Dans l'atelier

Ce que le M.R.302 dit de la Safrane V6

Huit réponses parmi les dizaines que la FAQ consacre à la Safrane — identification, bougies, refroidissement, XR25, auto-adaptativité, suralimentation.

Renault Safrane La FAQ complète →
Z7X 722/723
Quelles sont les caractéristiques du Z7X 722 et 723 de la Safrane ?
Véhicule B544, moteur Z7X, suffixe 722 ou 723 : alésage 93, course 73, 2 975 cm³, rapport volumétrique 9,6 — un point et demi au-dessus du 8,6 du Z7U turbo de la GTA. Boîtes PK1 et PK7 mécaniques, AD8 automatique. Injection multipoint Siemens avec régulation de richesse, allumage M.P.A. avec capteur de cliquetis. Ralenti 700 ± 50 tr/min entre 80 et 100 °C et CO 0,5 % maximum, l'un comme l'autre marqués « non réglable ». Carburant : Eurosuper sans plomb 95, et une ligne qui mérite d'être connue — indice d'octane minimal admis : 91. Pompe à carburant dans le réservoir, 12 V, 3 bars, 80 l/h ; régulateur de pression 3 ± 0,2 bar à dépression nulle, 2,5 ± 0,2 bar sous 500 mbar. Vanne de régulation de ralenti Hitachi AESP 207, mono-enroulement. Trois calculateurs, tous Bendix : S101 722 101 pour la 4×2 à boîte mécanique, S101 722 102 pour la 4×4 mécanique, S101 722 201 pour l'automatique. Sondes d'air et d'eau Bendix de type CTN. Sonde à oxygène NGK réchauffée : à 850 °C, 625 à 1 100 mV en mélange riche, 0 à 80 mV en pauvre. Catalyseur trois voies marqué C20, sous plancher. M.R.302 Safrane, chapitre 12.
Bougies
Quelles bougies monte le V6 de la Renault Safrane, et à quel écartement ?
Sur le type B 544, moteurs Z7X 722 et Z7X 723 : Eyquem RFC 58 LS3, écartement 1,2 mm ± 0,05 — et le manuel précise « non réglable » : on ne redresse pas l'électrode de cette bougie, on la remplace. C'est une bougie à joint, serrée entre 2,5 et 3 daN.m — à ne pas confondre avec la bougie à siège conique du quatre-cylindres J7R, serrée de 1 à 2 daN.m et écartée à 0,9 mm. Le manuel ajoute un avertissement : s'assurer d'employer la bonne marque et le bon type, choisis pour leur indice thermique. ⚠️ Et attention au piège : la Citroën XM V6 aux normes 15-04 monte exactement la même référence — RFC 58 LS3 — mais avec un écartement de 1 ± 0,1 mm et un serrage de 1,5 m.daN. Même bougie, deux jeux de valeurs : chaque manuel vaut pour SA voiture. M.R.302 de la Safrane phase 1, chapitre 17 · Note Technique Citroën n° 4.
Refroidissement
Que contient le circuit de refroidissement d'une Safrane V6 ?
Trois pièces calibrées qu'aucune photo de catalogue ne montrera, et un chiffre à vérifier avant d'acheter un bouchon. Le circuit porte une restriction Ø 3 mm, un by-pass Ø 8,5 mm et une buse Ø 22 mm, outre le moteur, le radiateur, l'aérotherme, la pompe à eau, le thermostat, une vis de purge et un thermocontact. Le vase d'expansion est un vase « chaud » à dégazage permanent, et sa soupape est tarée à 1,2 bar. À poser à côté de la R25 V6 Turbo catalysée, dont la soupape du vase « chaud » est bleue et tarée à 1,6 bar : quatre dixièmes de bar d'écart, sur deux voitures de la même époque et de la même famille de moteur. Un bouchon n'est pas une pièce universelle, et monter le plus haut « par sécurité » revient à élever la pression que tout le circuit doit tenir. Le remplissage : purges ouvertes, on remplit par le vase, on referme chaque vis dès que le liquide sort en jet constant, puis on fait tourner à 1 500 tr/min et l'on règle le niveau par débordement après environ quatre minutes. Purge : faire tourner 10 minutes à 1 500 tr/min, jusqu'à l'enclenchement du motoventilateur — le temps nécessaire au dégazage automatique — et vérifier le niveau près du Max ; en capitales, ne jamais ouvrir les vis de purge moteur tournant, et resserrer le bouchon du vase moteur chaud. Contrôle d'étanchéité (coffret M.S. 554-05) : remplacer la soupape du vase par l'adaptateur M.S. 554-01, chauffer le moteur puis l'arrêter, pomper jusqu'à 0,1 bar sous le tarage de la soupape (les manuels de l'A610 et de la GTA disent 0,1 bar au-dessus) — la pression ne doit pas baisser ; décomprimer lentement et reposer la soupape avec un joint neuf. Contrôle de la soupape : une soupape qui a laissé passer du liquide se remplace ; sur l'adaptateur M.S. 554-06, la pression doit se stabiliser au tarage, ± 0,1 bar — soupape en plastique marron 1,2 bar, soupape en plastique bleu 1,6 bar. Antigel (Glaceol AL type C) : 35 % pour −23 °C, 50 % pour −40 °C, et la protection diminue au-delà de 60 % ; contrôle au densimètre 778A ou au réfractomètre, les valeurs du tableau valant pour un liquide à 40 °C. L'exemple du manuel : un circuit de 6 litres qui lit −15 °C demande de remplacer 0,7 l de mélange par de l'antigel pur pour atteindre −23 °C, 1,9 l pour −40 °C. M.R.302 Safrane, chapitre 19 · Note technique 1558, folio 19-1.
XR25
Quelles valeurs le XR25 doit-il afficher sur une Safrane V6 en ordre de marche ?
Moteur froid, contact mis : températures d'eau et d'air toutes deux à l'ambiante ± 5 °C — deux sondes qui lisent la même chose, c'est la preuve la plus rapide qu'elles vivent toutes les deux ; pression absolue selon la pression atmosphérique locale, 950 < X < 1 025 mb ; potentiomètre de papillon 10 < X < 47 sans charge et 190 < X < 252 à pleine charge. Moteur chaud au ralenti : eau 85 à 95 °C, air au-dessus de l'ambiante, batterie 11 à 13 V, ralenti 650 à 750 tr/min avec un rapport cyclique de vanne de 26 à 36 %, 750 ± 50 tr/min pour une automatique en prise et 900 ± 50 tr/min climatisation en marche. ⚠️ Et la lecture qui compte le plus est celle qui a l'air normale : un potentiomètre affichant exactement 128, ou un capteur de pression affichant exactement 103 mb, donne la valeur de DÉFAUT du calculateur — la valeur de substitution sur laquelle il travaille une fois qu'il a renoncé à cette sonde. Ni l'un ni l'autre n'est une mesure. Dernière consigne, et elle fait gagner du temps : le potentiomètre de papillon ne se règle pas ; au remplacement, on vérifie les valeurs lues sous # 17, rien d'autre. L'Alpine A610 affiche la même valeur de défaut — 128 sous # 17, avec le barregraphe de la ligne 3 allumé — et son manuel ajoute deux précautions de mesure : actionner la pédale d'accélérateur et non la commande de papillon sous le capot pour lire les valeurs ralenti et pleine charge, et donner deux ou trois coups de pédale avant de les relever. Il décrit en revanche, lui, un réglage du potentiomètre, suivi d'une coupure puis remise du contact. M.R.302 Safrane, chapitre 17 · M.R.297 Alpine, folio 17-18.
Régime maxi
Quel régime maxi pour une Safrane V6, et quand son témoin d'injection s'allume-t-il ?
Régime maxi, avant coupure d'injection : Z7X — 6 300 tr/min en 1ʳᵉ et 2ᵉ, 6 200 tr/min en 3ᵉ, 4ᵉ et 5ᵉ ; J7R et J7T 12 soupapes 6 350 tr/min ; J7R et J7T 8 soupapes 6 000 tr/min. Le Z7X de l'Alpine A610 s'arrête à 6 100. Témoin : sur la Safrane, il est utilisé — contrairement à l'A610 et à la R25 V6 Turbo catalysée, dont le témoin n'est pas raccordé — et, selon la gravité du défaut, un message du synthétiseur vocal peut l'accompagner (si la voiture en est équipée). Il s'allume pour un défaut du capteur de pression absolue, du potentiomètre de papillon, de la sonde à oxygène, du capteur de vitesse, de la vanne de régulation de ralenti, du circuit primaire d'allumage, des injecteurs, ou pour des branchements du capteur de PMH inversés. Et avec l'antidémarrage électronique : si les signaux du décodeur vers le calculateur sont interrompus en roulant, entre le ralenti et 1 800 tr/min le témoin clignote, avec un message vocal. Vitesse véhicule : un générateur d'impulsions dans le câble de compteur, sous la planche de bord au niveau de la pédale de frein, à droite — fil A + après contact (après fusible), B information vitesse, C masse ; le signal arrive à la voie 3 du calculateur. L'avertissement du manuel : l'absence d'information vitesse peut expliquer une régulation de ralenti qui fonctionne mal — essai routier au XR25, # 18 doit correspondre au compteur, et le barregraphe 9 droit doit rester éteint. Une règle pratique encore : l'effacement de la mémoire du calculateur annule les autocorrections, il faut donc rouler environ 5 minutes avant de rendre la voiture au client. M.R.302 Safrane, chapitre 17 · M.R.297 Alpine, folio 17-3.
Auto-adapt.
Qu'est-ce que l'auto-adaptativité de la Safrane V6, et comment fonctionne-t-elle ?
C'est la réponse à un problème que la boucle fermée seule ne sait pas résoudre, et le manuel l'expose sans détour. En boucle fermée, la régulation de richesse (# 35) modifie le temps d'injection pour tenir la richesse 1 ; sa valeur de correction oscille autour de 128, entre 0 et 255. Mais les composants dérivent au fil de la vie de la voiture, et la correction peut finir par se tenir près de 0 ou de 255 rien que pour atteindre la richesse 1 — il ne lui reste alors presque plus d'autorité. L'auto-adaptativité décale la cartographie d'injection elle-même pour que # 35 revienne osciller autour de 128, et l'autorité est restituée. Elle travaille en deux moitiés : # 30 corrige les charges moyennes et fortes, # 31 les faibles charges et le ralenti. L'exemple du manuel est la meilleure explication de l'idée : sur une voiture aux injecteurs encrassés, le mélange est plus pauvre pour un même temps d'injection, si bien que # 35 oscille autour de 200 pour tenir la richesse 1 — ne laissant que 55 unités de correction vers la richesse maximale. L'auto-adaptativité décale alors la cartographie vers l'enrichissement jusqu'à ce que # 35 retombe vers 128. Une consigne l'accompagne : # 30 et # 31 ne doivent être lus et analysés qu'après une réclamation du client sur le fonctionnement du moteur. M.R.302 Safrane, chapitre 17.
Cliquetis
Combien de capteurs de cliquetis le V6 Z7X a-t-il ?
Deux — un par rangée de cylindres. C'est une conséquence directe de l'architecture en V : une seule oreille ne suffit pas à écouter six cylindres répartis sur deux bancs. Les deux se lisent sur la barrette 13 du XR25, qui donne le bruit moteur total capté par chacun. Le Z7X de l'Alpine A610 en a deux aussi, dans le V entre les rangées, sous le collecteur d'admission — qu'il faut déposer pour les sortir ; le Z7U de la R25 V6 Turbo catalysée n'en a qu'un, sur la culasse sous le régulateur de pression d'essence. Manuel de réparation M.R.302 de la Safrane phase 1, chapitre 17 · M.R.297 Alpine, folio 17-3 · Note technique 1558, folio 17-1.
Biturbo
Comment la Safrane Bi-Turbo régule-t-elle sa pression de suralimentation ?
Pas par les clapets de décharge seuls. Les deux KKK K04 ont bien un clapet de limitation taré, mais c'est le calculateur qui commande la pression, en créant une fuite sur le circuit pneumatique commun aux deux wastegates, via une électrovanne — la vanne SEM, pour soupape électromagnétique. MR Safrane Bi-Turbo, folios 12-4 à 12-7.

Dans la Bibliothèque

Le manuel de la phase 1 en deux extraits, la fiche d'atelier de 1993 et le manuel de la Bi-Turbo, consultables page par page : M.R.302 — moteur et alimentation · M.R.302 — allumage, refroidissement, échappement · Safrane RT/RXE V6 (Z7X-722/723) — fiche Pub et Trade 1993 · N.T. 2060 — manuel de la Safrane Bi-Turbo

Sur le forum

La Safrane a sa rubrique sur le forum — présentations, restaurations, questions à ceux qui en roulent. Rubrique Renault Safrane →

Plus loin dans le 3,0 litres

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