Quand des spécialistes s'emparent du V6 PRV : du missile homologué vendu en concession à la préparation confidentielle de franc-tireur, voici ceux qui ont repoussé les limites du moteur de Douvrin — et leur degré d'officialité.
Au-delà des chaînes de Douvrin, des préparateurs ont tiré du V6 PRV bien plus que ce que prévoyaient ses concepteurs. Certains travaillaient main dans la main avec le constructeur — au catalogue, ou homologués et vendus via le réseau. D'autres opéraient en francs-tireurs, hors de tout circuit officiel. Voici les plus marquants, classés de la préparation la plus rare à la plus diffusée — chacune signalée selon son degré d'officialité.
Pour muscler sa DMC-12 jugée trop lente, John DeLorean confie en personne le V6 PRV à Legend Industries, à Long Island (New York). La firme rebâtit le moteur autour de deux turbos — pistons, bielles, joints et boulons de culasse spécifiques — pour viser des performances de vraie sportive : 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes.
Commandée par le constructeur lui-même, la version biturbo n'atteindra jamais le catalogue : la faillite de DeLorean en 1982 emporte le projet. Moins de dix voitures auront reçu le système — vestiges d'un DeLorean qui aurait pu tout changer.

À la fin des années 1980, une jeune officine française entreprend de transformer des autos de série à la manière d'AMG chez Mercedes : c'est HAS. Pour son premier coup, elle s'attaque à la Renault 25 V6 Turbo, dont elle porte le moteur à près de 240 ch — turbo, échangeur, électronique, freins et trains revus.
Préparation strictement indépendante, hors catalogue Renault, la « HAS Prestige » n'a été produite qu'à une poignée d'exemplaires (une dizaine) — au point d'en faire un mythe quasi introuvable chez les amateurs de R25.

À noter — au-delà de la Renault 25, on connaît aussi une Alpine GTA préparée par HAS : un prototype jaune qui circule sur le net. Sa documentation étant très lacunaire, nous le signalons sans en avancer les chiffres.
Bernard Pierangeli, figure du Centre Alpine de Boulogne, signe dès 1987 la version la plus aboutie de la GTA V6 Turbo, pensée pour rivaliser avec les sportives allemandes et italiennes. Rompant avec le PRV 2,5 L de série, Pierangeli adopte le PRV 2,8 L de plus grande cylindrée — et, avec un turbo Garrett T3 soufflant à 0,65 bar, porte le V6 à 265 ch : de quoi viser 268 km/h et abattre le 0 à 100 km/h en 5,9 secondes.
Préparée en interne par le Centre Alpine et non par un atelier extérieur, la GTA « Pierangeli » — parfois appelée GTA Evolution — est restée une série très confidentielle, l'une des Alpine de route les plus rares et les plus convoitées des collectionneurs.

Le petit constructeur français Venturi confie ses V6 PRV au préparateur EIA, qui les turbocompresse pour ses sportives assemblées à la main. La Venturi 260 tire 260 ch d'un PRV 2,8 L turbo ; la spectaculaire 400 GT — surnommée « la F40 française » — porte un PRV 2 975 cm³ 24 soupapes biturbo (deux Garrett) à 408 ch, la voiture de route la plus puissante jamais animée par le V6 de Douvrin.
À noter : la Venturi 300 Atlantique, plus tardive, abandonne le PRV pour le V6 « PR » (L7X) à 60° — elle sort donc du périmètre du PRV.

Quand la catalysation fait chuter la GTA Le Mans de 200 à 185 ch, le mécontentement gronde. Pour y répondre, le préparateur Danielson — fondé en 1975 à Auxerre par Jacques Brussel — développe avec le service après-vente Alpine un kit moteur qui ramène la puissance à 210 ch.
Fait rarissime pour une préparation : le kit est homologué par les Mines et proposé via le réseau Renault. Une plaque Danielson prend place à côté des deux plaques Renault dans le compartiment moteur — la marque de fabrique d'une préparation officielle.

Pour coiffer sa gamme et défier les grandes routières allemandes, Renault confie le V6 de sa Safrane au préparateur allemand Hartge. Le Z7X 3,0 litres reçoit deux turbocompresseurs et passe à 268 ch, transmis aux quatre roues. Présentée en 1993, la Safrane Biturbo est un vrai modèle de catalogue, vendu via le réseau Renault.
L'habillage — carrosserie élargie et intérieur — est signé Irmscher. Rare et confidentielle, elle reste la seule Renault de série animée par un V6 PRV biturbo.

Bi-turbocompressé jusqu'à près de 1 000 ch, le V6 PRV a aussi écrit l'histoire au Mans — jusqu'au record absolu de 407 km/h.