Euro 1 et le pot catalytique
Au tournant des années 1990, le durcissement des normes antipollution — qui aboutit à la norme Euro 1, obligatoire pour toute voiture neuve à partir de 1993 — impose le pot catalytique. Pour le V6 PRV, l'addition est parfois salée : étouffés par la dépollution, plusieurs moteurs perdent des chevaux. L'Alpine GTA V6 Turbo tombe ainsi de 200 à 185 ch sur le marché français, et le V6 injection (atmosphérique) de la Renault 25 passe de 160 à 153 ch une fois catalysé.
Mais le catalyseur n'a pas attendu 1993 : dès le milieu des années 1980, plusieurs marchés l'exigeaient déjà. La Suisse l'impose en 1986, suivie de la Suède et de l'Autriche, tandis que l'Allemagne le favorise par des avantages fiscaux — le tout rendu possible par la généralisation de l'essence sans plomb, le plomb détruisant le catalyseur. Pour continuer à vendre dans ces pays, les constructeurs durent donc proposer des versions catalysées, moins puissantes, bien avant l'échéance européenne : l'Alpine GTA V6 Turbo catalysée apparaît dès 1987 pour la Suisse, avant d'être imposée sur le marché français en 1990 — trois ans avant Euro 1.
Le catalyseur impose une autre révolution, plus invisible, sous le capot : celle du calculateur. Un catalyseur trois voies ne fait son travail que dans une fenêtre de richesse très étroite (le fameux λ = 1) — il faut donc doser le mélange en permanence à quelques pour cent près. Les calculateurs antérieurs, conçus autour de cartographies analogiques figées, ne permettaient pas cette précision. Le PRV passe alors aux calculateurs à EPROM : la cartographie moteur est désormais stockée sur une mémoire effaçable et reprogrammable, affinée passage après passage au banc et adaptée à chaque variante. Le PRV bascule de l'ère de la carburation à celle de la gestion moteur numérique.
Paradoxe : pendant que l'Alpine perdait des chevaux, la Renault 25 V6 Turbo, elle, en gagnait — portée à 205 ch avec son catalyseur.
Car la dépollution ne fut pas toujours synonyme de déclin : retravaillée en même temps que l'ajout du catalyseur, la version turbo de la berline progressa. Mais pour bien des amateurs, ce sont les baisses de régime des versions « phares » qui marquèrent les esprits — et expliquent que l'on distingue aujourd'hui soigneusement les exemplaires catalysés des autres.