FR / EN
Accueil/Véhicules/Eagle Premier

Eagle Premier —
le PRV en Amérique

Les affaires marchant bien, des V6 traversent l'Atlantique : l'Eagle Premier embarque le PRV 3,0 litres de 150 ch dans sa version la plus américaine — code Z7X 711, monté transversalement, injection multipoint MPI, poussoirs hydrauliques. Le chapitre américain des berlines à V6 de Douvrin, et le mieux documenté : sept extraits du manuel d'atelier 1990 et du livret Chrysler sont dans la Bibliothèque.

150
ch à 5 000 tr/min · Z7X 711
2975
cm³ · 93 × 73 mm
0
jeu aux soupapes à régler : poussoirs hydrauliques
7
extraits de manuels dans la Bibliothèque
Motorisations

Un seul code : Z7X 711 — un code Renault

Le livret de formation Chrysler l'écrit noir sur blanc : ENGINE TYPE Z7X, ENGINE SUFFIX 711. Le PRV américain est donc un Z7X — la même famille que le Z7X-744 de l'Alpine A610 et le Z7X 726 de la Safrane Biturbo — et Eagle n'a jamais frappé de code à son nom. Un V6 à 90° de 3,0 litres, alésage × course 93 × 73 mm, 2 975 cm³, rapport volumétrique 9,3, 150 ch à 5 000 tr/min et 232 N·m à 3 750, ordre d'allumage 1-6-3-5-2-4 — monté transversalement et alimenté par injection multipoint MPI, quand l'Europe le place encore en long. Bloc et culasses en aluminium, vilebrequin forgé à déport de maneton de 30° : c'est la version à manetons décalés, aux intervalles d'allumage égaux, et ses culbuteurs portent des poussoirs hydrauliques — aucun jeu aux soupapes à régler, seul cas de la Bibliothèque.

Eagle Premier Transversal · injection MPI Tous les codes connus →
Z7X 711150 ch
2 975 cm³Injection multipoint MPI12 soupapesPoussoirs hydrauliquesTransversalFiche Z7X →
Eagle Premier — et Eagle / Renault Medallion au même code. Bougies RS 9YCX écartées à 0,9 mm et serrées à 15 N·m, pression d'essence 193 à 207 kPa moteur tournant, 5,7 l d'huile, 8,2 l de liquide de refroidissement. La Dodge Monaco porte le 715, l'autre variante américaine.
Le numéro 89616

Un moteur coupé en deux par un numéro

Le numéro moteur 89616 coupe la production en deux, et c'est le numéro à relever avant de commander la moindre pièce de haut moteur. Avant : dépassement de chemise 0,13 à 0,20 mm, joint de culasse de 1,70 mm, serrage 20 N·m + 106°, resserrage obligatoire après rodage — seule procédure de ce genre dans toute la Bibliothèque. À partir du 89616 : dépassement 0,05 à 0,12 mm, joint de 1,45 mm, serrage 40 N·m + 180°, pas de resserrage, et un joint arrière de vilebrequin différent. Le manuel ajoute l'essentiel : les chemises ancien et nouveau modèle ne sont pas interchangeables.

Le numéro se lit sur l'étiquette d'identification, à droite du bloc, sous le collecteur d'échappement — six premiers caractères Z7X711, puis le rang de fabrication. Les sept extraits sont dans la Bibliothèque.

89616
LE NUMÉRO MOTEUR QUI CHANGE TOUT LE HAUT MOTEUR
106°
AVANT · 20 N·m + ANGLE
180°
APRÈS · 40 N·m + ANGLE
1,45
MM · JOINT DE CULASSE APRÈS
Le chapitre américain

Trois berlines, un V6 français

Medallion et Monaco, les sœurs

L'Eagle / Renault Medallion reçoit le même Z7X 711 de 150 ch ; la Dodge Monaco (1990), sœur de la Premier sous la tôle, embarque le Z7X 715, l'autre variante américaine. Les trois partagent la même architecture transversale à injection électronique.

Pas de capteur de cliquetis, pas de bouchon de radiateur

Deux singularités que les manuels documentent : le 3,0 L américain n'a pas de capteur de cliquetis — malgré une phrase isolée du chapitre injection, il ne figure ni dans les entrées du calculateur, ni dans son brochage, ni dans les procédures — et le radiateur n'a pas de bouchon : la mise en pression se fait au vase d'expansion, seul bouchon du circuit, dont le clapet s'ouvre entre 110 et 124 kPa.

Sans plomb, jamais de méthanol

Sans plomb obligatoire, goulot calibré pour les seuls pistolets sans plomb ; éthanol accepté jusqu'à 10 %, MTBE jusqu'à 15 %, méthanol interdit — le manuel le met en capitales. Et le PRV le plus célèbre d'Amérique reste la DeLorean DMC-12, qui avait fait du V6 une vedette de cinéma dix ans plus tôt.

Dans l'atelier

Ce que les manuels Chrysler disent du 3,0 L

Huit réponses tirées du manuel d'atelier 1990 et du livret de révision — la FAQ en compte près de cent sur l'Eagle Premier.

Eagle Premier La FAQ complète →
Moteur
Quel moteur PRV équipe l'Eagle Premier et la Dodge Monaco ?
Un V6 à 90° de 3,0 litres (182 pouces cubes), alésage × course 93 × 73 mm, rapport volumétrique 9,3 : 1, donné pour 232 N·m à 3 750 tr/min, ordre d'allumage 1-6-3-5-2-4. Bloc-cylindres et culasses en alliage d'aluminium, arbre à cames en acier, bielles en fonte à graphite sphéroïdal, chambre de combustion hémisphérique creusée dans le piston. Le vilebrequin est en acier forgé, à déport de maneton de 30° — c'est la version à manetons décalés du PRV. Capacités : 5,7 litres d'huile, 8,2 litres de liquide de refroidissement. Les cylindres se numérotent 1 à 3 d'arrière en avant sur la rangée gauche, 4 à 6 sur la droite. Manuel d'atelier Eagle Premier / Dodge Monaco 1990, folios 9-1 et 9-2.
Code
Le V6 3,0 L de l'Eagle Premier a-t-il un code moteur Renault ?
Oui, et le livret de formation Chrysler l'écrit noir sur blanc en tête de ses caractéristiques générales : ENGINE TYPE Z7X, ENGINE SUFFIX 711. Le PRV américain est donc un Z7X 711 — la même famille que le Z7X-744 de l'Alpine A610 et le Z7X 726 de la Safrane Bi-Turbo. L'étiquette d'identification est fixée sur le côté droit du bloc, sous le collecteur d'échappement : les six premiers caractères donnent le type (Z7X711), la seconde ligne le rang de fabrication. Les voitures assemblées pour le Tennessee portent en plus un numéro frappé derrière le support moteur droit, encadré d'astérisques pour empêcher toute altération. Livret de révision Chrysler « Premier/Monaco 3.0 liter Engine Overhaul », page 3.
Distribution
Le V6 PRV de l'Eagle Premier a-t-il la distribution dissymétrique du PRV d'origine ?
Non, et la façon dont le manuel l'écrit le dit à elle seule : une seule colonne de valeurs, là où le guide de l'A310 en donnait deux, une par rangée. Admission ouverture 14° avant PMH, fermeture 58° après PMB ; échappement ouverture 56° avant PMB, fermeture 12° après PMH ; croisement 26°, durée admission 252°, durée échappement 248°. C'est la conséquence du déport de maneton de 30° : les intervalles d'allumage sont devenus égaux, les deux rangées ont le même diagramme. Manuel d'atelier Eagle Premier / Dodge Monaco 1990, folio 9-68.
Soupapes
Faut-il régler le jeu aux soupapes sur le 3,0 L de l'Eagle Premier ?
Non — et c'est ce qui le distingue de tous les autres PRV de la Bibliothèque. Le 3,0 L porte un poussoir hydraulique logé dans le culbuteur lui-même (« automatic lash adjuster », un par culbuteur, en version gauche et droite) : le rattrapage est automatique, il n'y a pas de vis de réglage. L'Alpine A310, la DeLorean et les Volvo B27/B28, eux, se règlent tous à la vis. La conséquence pratique : un « claquement de soupapes » sur un 3,0 L ne se rattrape pas, il se diagnostique — niveau d'huile, huile trop fluide ou diluée, culbuteurs ou axes usés, poussoir hydraulique défaillant. Ce point éclaire au passage une question restée ouverte sur la famille Z7X, dont le manuel Renault évoque des culbuteurs à poussoir hydraulique : ce Z7X 711 en a bien. Manuel d'atelier Eagle Premier / Dodge Monaco 1990, folios 9-10, 9-38 et 9-39.
Culasse
Comment se serre la culasse du V6 3,0 L de l'Eagle Premier ?
Rien à voir avec la méthode française — et il y a deux procédures, que seul le livret de révision Chrysler distingue : le manuel d'atelier n'en donne qu'une. Dans les deux cas, pré-serrer toutes les vis à 60 N·m dans l'ordre, en partant de la n° 1, puis reprendre vis par vis avec le disque gradué (outil 7321). Moteurs jusqu'au n° 89615 inclus : desserrer complètement, serrer à 20 N·m, puis 106° ± 2°. Moteurs à partir du n° 89616 : desserrer complètement, serrer à 40 N·m, puis 180° (+0, −20). Le numéro se lit sur l'étiquette d'identification, à droite du bloc, sous le collecteur d'échappement. Le manuel donne aussi un couple de vérification de 70 N·m. Deux avertissements qui valent le détour : ne jamais dévisser les vis de culasse à la clé à choc — le filetage du bloc aluminium n'y survit pas — et ne pas soulever la culasse tout droit, sous peine de faire sortir les chemises du bloc ; on chasse d'abord les pions de centrage sous le joint avec une vieille tige de culbuteur. Manuel d'atelier Eagle Premier / Dodge Monaco 1990, folios 9-32 et 9-71.
Essence
Quelle pression d'essence sur l'injection MPI du 3,0 L de l'Eagle Premier ?
193 à 207 kPa (28 à 30 psi), moteur tournant — soit environ 2 bars, très loin des quelque 5 bars d'un K-Jetronic. Et le manuel prévient : « le régulateur de pression d'essence n'est pas réglable ». L'arbre de diagnostic tient en deux branches. Pression trop basse : si l'essence revient au réservoir par le tube de retour, c'est le régulateur ; si elle n'y revient pas, chercher la pompe, un filtre colmaté ou une restriction entre régulateur et pompe. Pression trop haute : durite de dépression du régulateur qui fuit, ou tube de retour pincé ; sinon, régulateur à remplacer. Au remontage, les extrémités des tubes doivent être légèrement lubrifiées à l'huile moteur 30. Le tube d'alimentation est noir, celui de retour gris. ⚠️ Un piège de lecture : la page d'ouverture du même chapitre annonce « 248-255 kPa (36-37 psi) ». Deux passages sur trois — la procédure d'essai et la description du régulateur — donnent 193-207 kPa : c'est la valeur propre à ce moteur, relevée avec l'adaptateur 6175, et la seule à retenir. Manuel d'atelier Eagle Premier / Dodge Monaco 1990, folios 14-3, 14-4 et 14-24.
Allumeur
Le 3,0 L de l'Eagle Premier a-t-il un allumeur ?
Il a une tête et un rotor, mais ce n'est plus un allumeur au sens ancien : il ne fait que distribuer la haute tension. Aucun mécanisme d'avance à l'intérieur — ni masselottes, ni capsule à dépression — et « l'avance et le retard sont gérés par le calculateur et ne sont pas réglables ». La haute tension vient d'un module d'allumage (ICM) monté sur la bobine, que le calculateur déclenche par un signal carré de 5 volts ; le module charge le primaire, l'ouvre à la saturation, et le secondaire fait le reste. L'ensemble tête/rotor/déflecteur se trouve à l'avant de la culasse gauche, entraîné par l'arbre à cames gauche. Conséquence d'atelier : sur cette voiture, on ne cale pas l'allumage à la lampe — on diagnostique des capteurs. Manuel d'atelier Eagle Premier / Dodge Monaco 1990, folios 8D-1, 8D-2 et 8D-9.
Catalyseur
Quelles précautions le manuel Eagle prend-il pour le catalyseur ?
Trois interdits, tous liés à la même cause : de l'essence imbrûlée qui finit sa combustion dans le catalyseur. Un, ne jamais court-circuiter un cylindre : « ne pas retirer les fils de bougie des bougies, ni court-circuiter des cylindres par quelque autre moyen » — la vieille méthode pour trouver un cylindre mort tue le catalyseur. Deux, pas de ralenti accéléré au-delà de cinq minutes : « cela peut provoquer des températures excessives dans l'échappement et sur le plancher ». Trois, essence sans plomb obligatoire, sous peine d'empoisonner le support catalytique. Et le principe qui les relie : « un catalyseur déformé ou gonflé n'est jamais la faute du catalyseur » — c'est l'alimentation, l'allumage ou l'injection d'air qu'il faut corriger en même temps qu'on le remplace, sinon le neuf fondra comme l'ancien. Les tôles pare-chaleur, elles, ne sont pas décoratives : elles protègent la voiture et son environnement. Manuel d'atelier Eagle Premier / Dodge Monaco 1990, folio 11-1.

Sur le forum

L'Eagle Premier a sa rubrique sur le forum — présentations, restaurations, questions à ceux qui en roulent. Rubrique Eagle Premier →

Le code derrière la Premier

Z7X — de 150 à 268 ch, code par code — et les deux sœurs américaines.